En Marie, il y a aussi le principe du courage, la volonté prise à la source, dans le moment où l’on dit : OUI. A tel point que le premier mot que l’Evangile rapporte de Marie, c’est le mot OUI : Qu’il me soit [ait selon ta parole ! Ce consentement préalable donné à tout ce qui peut survenir dans le registre de la misère ou de la grandeur (car nous savons que tout arrivera, et après l’excès de mal, peut-être aussi l’excès du bien et du bonheur ?), ce Oui dit par la femme à l’enfant encore sans sexe, sans visage, qu’elle attend dans son corps et qui sera pour elle charge, souci, mystère et gloire, c’est bien le mot que toute femme prononce quand elle se donne à la vie. Enfin, en Marie, il y a encore et surtout l’immobilité radieuse de l’acceptation, la station droite maintenue devant la douleur, non pas les pleurs. Et c’est pourquoi elle est souvent représentée devant le second arbre, l’arbre de la Croix, qui répond à l’arbre du fruit maudit : elle mène le combat où Eve a cédé. Mais, à Noél, les peintres la figurent de préférence agenouillée et se penchant sur l’enfant. Ce geste, nul peintre n’a osé l’imaginer pour la première femme, que la Genèse appelle pourtant la Mère des vivants. Eve qui a été mère tant de fois et mère d’hommes forts n’a pas été représentée comme mère. Et Marie, mère vierge d’un seul être, est devenue en Occident le type de la mère et sa constante image. C’est qu’à Eve il manquait encore cette maternité d’esprit qui ÉTOILE DU MATI N VASE SPIRITUEL TOUR DE DAVID TOUR D’IVOIRE Dessins de Jacques Dubois.