L’ART ET LES ARTISTES Moravie exposition d’été d’oeuvres de MM. Jicha et avec l’exposition posthume de Josef Skantrala, artiste local, étouffé par la jalousie des confrères, et qui, du reste, ne vécut pas assez pour donner route sa mesure. Mais il obser-vait le bétail avec des rais dons d’animalier et savait tirer n du paysage atal des notations tris fines et tries poétiques. Mr Jirji Malien, que son drame Junosik as endu célébre au pays slovaque, est venu tenir à la jeunesse de Straznise en discours bienveillant où il recornniande aux artistes locaux de ne pas se croire encore des Slavicek, mais d’y atteindre. Que le grand écrivain [cheque nous pardonne de nous inscrire un finis contre sa spécieuse condescendance cer-taines aquarelles du licha valent tout ce qu’on peut voir de beau au inonde, dans leur genre, et n’ont rien à envier ni à Slavicek, ni â personne en Bohême et Moravie. Il faudra pourtant bien que, tôt ou tard, on s’habitue à prendre au sérieux l’un des plus beaux artistes vivants d’Autriche, encore que l’on soir arrivé naguère, je ne sais comment, ou plutôt je le sais trop bien, à l’évincer méme de l’exposition slovaque de Londres. L’exposition industrielle de Pribram, la ville minière de Bohême, a naturellement sa petite section d’art où sont appréciés les produits céramiques de la région de Bechyn, l’oeuvre du sculpteur Karel Peu, celle du peintre Loukdita et quelques toiles signées Marak, Kal-voda, Mandel et J. Uprka. Du reste partout en Bohême sévissent des expositions de valeur très inégale, il est vrai, mais symploteatiques de la fureur de peindre qui régne dans le royaume ; citons t celle de M. Adoli Petricek, à Podiebrady; l’ouverture d’un salon d’art à Gillet-nec sur la Cidlina; celle du paysagiste Constantin Berck à Sychrov; enfin à Turnov celle des femmes peintres, dont Mvv;Zdenka Braunerova, Ereringerova, Gardavska, Vorlova-VIckova Jelinkova-jiraskova, avec une petite section rétrospective où je relève des esquisses et études d’Amélie Maous ([817-188;), des fleurs et paysages d’Irma Schermaul et de Mme Cervirka-Rieger. En Moravie l’exposition de Pribor bénéficie d’œuvres d’excellents artistes, sorties de quelques collections particulières, tuais le caractère général en est d’une exposition d’amateurs. La vraie exposition des artistes moraves a lieu cette année Orlova en Silésie, où ils ‘agit de maintenir bien haut la bannière de l’art slave en face de l’allemand. La capitale du duché, Opava (allemandTroppau) met une plaque commémorative sur la maison de la rue de Ratibor où, lins décembre 1867, naquit l’architecte Joset Marie Olbrich. Le savant Or. Wilhelin Suida, du musée de Graz, continue à trouver en M. T. Loewy de Vienne, l’éditeur qui lui permet d’attirer l’attention sur tant de trésors ignorés de l’art ancien dans toute l’étendue de l’Empire. D’un maitre autrichien de 146o, il existe au couvent de Saint-Pierre, à Salzbourg, deux tableaux un saint Georges et deux saintes, Ursule et Catherine, dom le charme primitif n’est point si maladroit et dont les figures présentent des types d’une aménité toute autrichienne. Mais un autre lie, de la Basse-Autriche celui-ci, et désigné par la date de 1473, est encore autrement savant et individuel son chef-d’ceuvre est conservé à. Vienne, parmi les collections si peu visitées de la Ville. C’est une Vierge et un saint Roch présentant un donateur agenouillé, qui tous semblent des portraits; la face du saint surtout est extraordinaire. Et que dire de cette Vierge entourée exclusivement de saintes du Museum Joannatin, de Graz, qui apporte le témoignage d’une bonne école styrienne florissant à la même époque ? En tout cas il faut répéter une fois de plus notre molive obstiné, à savoir que l’art ancien d’Autriche existe, coniree il existe une musique autrichienne, et que c’est bien à tort qu’on les englobe l’un et l’autre dans l’histoire de la culture alle-mande. Onne prète qu’aux riches, c’est vrai. Mais u d’art n’est pas un banquier. Hongrois, TchèquePolonais, Styriens, Tyroliens et Carimhiens ont eu aussi Ictus primitifs caractérisés, leurs peintres, fresquistes et sculpteurs, et chaque jour amène la découverte de docu-ments péremptoires. C’est l’honneur de M. Wilhelm Suida d’en divulguer l’enseignement sous une forme définitive. HOLLANDE SUCCESSIVENIENT nos maîtres de 1,8a Bosboote est mort le premier, puis suivirent Mauve, Jacob et récemment Vv’illem Maris; maintenant c’est Israels qui vient de mourir. Les excessives chaleurs de cet été l’ont beaucoup affecté. Déjà affaibli par une attaque de grippe, l’hiver dernier, il s’est éteint doucement, sans souffrances, on peut dire le pinceau à la main, car jusqu’aux derniers moments de sa vie il n’a cessé den et, fevvent amateur de musique, quelques jours avant sa mort, il se faisait encore transporter au Kursaal de Scheveninghe, afin d’y écouter les auditions de musique classique. Amateur passionné de bonne musique, Israels l’a toujours été et je me souviens, qu’enfant, j’ai fait sa connaissance à des soirées intimes de teusique de chambre. Jamais il ne man-quait d’assister a un des grands concerts de La Haye; ses maitrcs favoris étaient Beethoven, Mozart, Mendelssohn, mais son esprit ouvert à toutes les manifestations s’intéres-saient autant à la musique moderne qu’a l’ancienne. Son esprit extraordinairement vif et brillant était très cul-tivé, il était au courant de toutes les littératures, dit Talmud et de la Bible aussi bien que de l’allemande, l’anglaise et la française, quoiqu’il eût des préférences pour Goethe et Henri Heine. WILLIAM RITTER pendant ses derniers purs, lors du séjour de Mme Curie à Leyde, il se lit expliquer quel était le but pra-tique que la savante pouivait dans ses recherches, telle-ntent son esprit était avidersu de tout connaitre. D’un autre côté, de mente que Gustave Flaubert, Israels était si absorbé par la recherche de la beauté dans son oeuvre, qu’il était peu sensible à la beauté des choses qui l’entouraient; il se servait de meubles quelconques et n’avait aucunement le goût du bibelot, ni de Fceuvre d’art. Aussi, son atelier était-il plutôt une vaste chambre qu’un atelier proprement dit. Dans un coin de cette grande pièce, un intérieur de pécheurs, aux rideaux; de mousseline devant les petites fenetres, luiservait quelquefois à poser un modèle, quoiqu’en général il peignit ses tableaux d’après des dessins au crayon noir faits sur nature et des études peintes. C’éfitit dans son propre fonds qu’il trouvait son sujet, son effet. Un jour il nle dit 4 jene puis que dire avec Raphaël, lorsqu’on lui demandait comment il pouvait peindre des madones et des anges t Je prends un modèle qui une donne à peu prés le type auquel j’ai songé et je peins, en ajourant ce que j’ai dans le (»c.» Israels était un vrai peintre, es se sens qu’il ne s’occupait goitre d’intellectualité en peinmre, mais avant tout de l’ex-pression picturale, Je l’harmonie des couleurs. Il était aussi 44