L’ART ET LES ARTISTES sa couleur sèche n peu brutale, et sa franche simplicité. M. Strang est un de nos peintres lm plus indivi-duels, les plus attachants, et sa derniére maniére, quoiqu’un peu crue au premier abord, est vraiment beaucoup plus forte et personnelle que celle, obsédée du coloris vénitien, qu’il affectait autrefois. Un paysage égyptien, plein de gran-deur, solidement établi par M. D. Y. Cameron, deux portraits décoratifs, scintillants comme des bijoux, du jeune artiste M. Alfred Wolrnark, comptaient parmi les plus inté-ressants envois de nos artistes autochtones. A la petite Galerre Chenil (,83 a. King’s Road, Chelsea), où on peut toujours voir des oeuvres curieuses d’Augustus John et de quelques autres de nos peintres avancés, a eu lieu récemment une exposition des dessins rapportés des Iodes par M. Vy’illiain Rothenstein. Combien différents de ces notes de voyage qu’on voit chaque saison au Bond Street ! Rothenstein s’est mis â étudier l’anthropologie de l’Orient, et ses dessins constituent toute une galerie de portraits des milles types humains qu’on rencontre dans les Indes. Et elle est parfaitement vraie, cette pensée que notre romancier M. H. G. Wells énonce dans la préface qu’il a écrite pour le catalogue, que M. lhathenstein, par ses des-sins, apporte les Iodes chez nous et nous fait comprendre mieux qu’aucun livre le nombre et la grande variété des races diverses qui peuplent cette péninsule mystérieuse. FRANI< Roter.. AUTRICHE=HONGRIE D"us le pays de Salzbourg, .i Kt:Han pies Colling, él. le professeur Klose découvre une importante villa romaine avec des mosaïques bien conservées. — A Graz, en Styrie, a lieu l'assemblée des sociétés allemandes d'archéologie et d'histoire ; on y entend les très intéressants rapports de M. le Dr J. Noyy, sur les résultats des fouilles de Car Min - significatifsotn surtout au point de vue de la reconstitution de la vie romaine aux environs de Vienne. — De récents travaux d'une haute érudition, la suite de ceux de Gustave Hader jadis, attirent l'attention sur les sculptures archaïques, d'une si curieuse symbolique, qui s'agrafent extérieurement à l'abside romane de l'église de Schœngraben, dans la Basse-Autriche. Assimilables à celles qui ornent le portail roman de Saint-Etienne de Vienne, celles-ci peuvent écru attribuées l'époque qui va de tato à 123o. — Steyer entreprend la restauration de son église paroissiale de Saint-Ulrich. Le hiagenbunel, de Vienne, voit las econde exposition de la Société des Femmes artistes, pur hospitalier aux nationalités slaves, celle de la société Matira, de Prague. — La Société des Artistes autrichiens regrette un de ses plus vieux peinrces, le baron Rail uud de Stillfried, qui meurt âgé de soixante-douze ans. — En ville, on commente beau-coup la certaine nervosité qui s'est emparée des conserva-eues du Musée impérial depuis le vol de la Joconde, et la façon très sage dont ils s'abstiennent de divulguer les nou-vellesmesures de sûreté adoptées quoi bon tenter les voleurs et fournir à leur imagination les données du pro-blème â résoudre? Disons seulement que l'idée de faire garder les musées par des molosses redoutables, déchantés la nuit, n'est pas nouvelle. Celé se faisait il y a quelques siècles dans la cathédrale Saint-Vit, â Prague. Or, la lé-gende raconte que les voleurs s'y introduisaient tout de même, grâce â ce subterfuge ils se mettaient complètement nus, l'homme à l'état de nature devenant aussitôt plus re-doutable â des chiens féroces qu'un guerrier cuirassé. Je ne fais quetranscrire la légende et pose un point interrogatif. Vérifie qui voudra. Quant au Musée impérial, on peut s'ima. giner l'inquiétude de gardiens à qui sont confiées des vitri-nee œninff sellés coincnant le trésor de Szent Miklos, vingt-trois vases d'or du te siècle, découverts en 1759 dans la ville hongroise dont ils portent le nom. Ils pèsent seize cent soixante-dis-huit ducats d'or, et leur seule matière vaut dix-sept mille couronnes. Or, on couvait les mésaventures du trésor de Petroasa, à Bucarest. Et puis il y a la fameuse gemmé d'Auguste (sardonyx), l'Apollon de Sibérie, voire ménte la plaque de brome où se trouve gravé le sens us- de l'an 186 avant Jésus-Christ. Elle provient de Calabre et reste l'un des plus importants documents de l'histoire romaine. On conçoit les appréhensions auprès de la Joconde, tout parait aujourd'hui d'un maniement facile. A Cracovie, M. Georges Mycielski et la Société prowir tee des œuvres de culture ont organisé une exposition des mai-tres anciens et modernes qui figurent dans les collections privées de Pologne. — Luc de Budapest s'est enrichi d'une peinture sur bois, Présentation de Marie an Temple, datant du premier quart du 'tél. siècle espagnol. L'usage des prias commence aussi s'établir dans ce musée; on vient d'y beaucoup commenter la présence de trois scènes d'une vie de saint Denys, du :ive siècle. M. Nomes y a déposé sa Sainte Famille, du Mainede la Mort de Marie; le baron Herzog, une autre Sainte Famille de Martes van Cleef, et un Martyre de saint Jacques, qui paraît un bon Van Dyck. On signale, d'autre part, d'importants accrois-semenis dans la section des arts graphiques du musée, sec-fion plus particulièrement internationale, ois nous intéres-seraient davantage les noms hongrois de MM. Nicolaus Bottka, Geza Meszœly, Arthur Togyessy et Michel de Zichy. On parle aussi beaucoup é Budapest, ces temps-ci, de la belle collection moderne qu'a su se faire M. Adolphe Kohner. Elle contient non seulement un Goya, mais une série assez complète d'oeuvres françaises modernes, depuis Daumier et Courber (Rochers elStrelat), jusqu'à MM. Bonnard, Denis et Jean Puy, en passant par Puvis de Chavannes, Fantin-La-tour, Claude Monet, Toulouse-Lautrec, Renoir, Gauguin et Cézanne. VILLE. RITTER. ITALIE disparition de la Joconde de Léonard, même si a l'heure où cette chronique paraîtra la sagacité policière ou toute autre et plus vramblable causa extrinseca l'a retournée au patrimoines acré ise du Louvre, a été accueillie en Italie avec moins de turbulente douleur qu'on ne Petit 92 supposé. La péninsule, qui fée son Cinquantenaire, nous donne encore une fois à réfléchir sur la dernière évolution de ses à états d'âme ti, ou, mieux, sur son état d'âme collectif et représentatif, c'est-a-dire sur son caractère national présent.