111111111 UMM 111131011 j pau JAULMES — PETITE INSTALLATION DE CAMPAGNE L’Art Décoratif au Salon d’Automne 1E m’excuse, une fois de plus, auprès de mes lecteurs, d’employer en tète de cette chronique, une formule qui n’est rien moins qu’un pléonasme. On dit : l’Art décoratif, comme si la fonction de l’art n’était pas de a décorer n. On dit : l’Art déco-ratif, parce que pendant longtemps on avait pris l’habitude de considérer une oeuvre d’art non pas dans sa destination, mais en elle-même. L’oeuvre d’art était devenue quelque chose d’abstrait, d’in-tangible, d’absolu, qui participait de la divinité et des nuages; on avait oublié l’exemple des écoles anciennes et primitives qui jamais n’auraient envi-sagé une création sans utilité et sans emploi. Et peu à peu était née cette distinction absurde des arts majeurs et des arts mineurs : les arts majeurs, c’est-à-dire la peinture, la sculpture, considérés So absolument; les arts mineurs, c’est-à-dire la fer-ronnerie, l’ébénisterie, l’orfèvrerie, la céramique, la verrerie, la broderie, la dentelle, etc., qu’on réunit maintenant sous le vocable commode… et impropre d’art décoratif. Il est donc convenu pour la commodité du récit que l’objet de cette chro-nique, ce sont tous les arts soi-disant mineurs, sus-ceptibles d’applications industrielles. Pour la vérité du terme et pour n’en pas faire mentir la significa-tion, il est souvent question ici de la peinture et de la sculpture, considérées non pas en elles-mêmes, en tant qu’oeuvres peintes ou sculptées mais dans leurs destinations c’est ainsi qu’une de ces chro-niques a été consacrée au peintre Albert Besnard, décorateur de l’Ecole de pharmacie,du Petit-Palais, du Théâtre-Français, de la chapelle de Berck, une