L’ART ET LES ARTISTES Royale de se mêler de l’illustration mais pas de l’art, on peut réhabiliter ut encourager la premiere; quant à l’autre, il vient comme il veut, et pour lui l’Académie n’a rien fait et ne peut rien faire. Févr(Uneser, ch. nous, est la saison des portraits et des eaux-fortes. ociété nouvelle, Société Nationale des PorPai-listes, ouvrit son exposition inaugurale aux Galeries Crafton, mais ne nous a montré rien de sensationnel, sauf une statue aphdinie, par Jacob Epstein, qui n’est pas un portrait du tout. Epstein, dont j’ai parle dans cette revue, est le plus fort et le plus original de nos jeunes sculpteurs, et dans tette oeuvre remarquable, simple, expressive, mentale cmme les sculptures d’12g)Tte autrefois, il augmenonumte encore lao réputation qu’il a obtenue en juillet dernier au Salon de Londres. Pour la peinture, les oeuvres les plus intéressantes sont de Strang, Laverv, Gerald Kelly et Glyn Philpot. Ces deux derniers, avec G. W. Lambert et Alexander Jamieson sont les exposants les plus caractéristique, de l’exposition rivale de la Société Moderne des PortrailiA ‘exposition des eaux-fortes cher. Connell (in Old Bond k: . `cet beaucoup mieux que celle de la Société Royale des Aquafortistes. Oses Connell, il y a des eaux-fortes magnifiques de D. Y. Cerne-r. et Zorn, et d’aune, oeuvres intéressantes par Bejot, Affleck, Synge, Walker et Frood. Les épreuves de ce der-nier se dietinguent vraimem par leur qualité décorative, leur simplicité et leur belle composition. Deux autres exposi-tions à noter : des dessins et des sculptures par feu John M. Swan 12. A., chez P. et D. Colnaghi (Fall Mall East), et des aquarelles par J. D. lunes, et sculptures par Eric Gill, tous les deux uns peu post-impressionnistes », mais avec du vrai talent, a la Galerie Chenil 083 a. King’s Road, Chelsea). M. D. S. Mac Coll est nommé curateur de la Collection Wallace au lieu de M. Claude Phillips qui prend sa retraite, et M. Mac Coll lui-même est remplacé à la Galerie Tate par M. Charles Aitken qui a organise tant d’expositions remarquables, comme directeur du y Whitechapel Art Gallery s. FRANK Renia. AUTRICHE=HONGRIE T n coutre des événements m’oblige à ajouter un regrettable ponl-seriplum in ma dernière chronique, signalant le ré-veil artistique des nationalités jougo-slaves. Il par:titrait que l’art croate va se trouver pas mal entrave par la politique dans la conquete de son autonomie et ale ses franchises. L’exposition Medidie de Zagreb, —encore que la Croatie soit sensée foemer un royaume serni-indépendant, — a été en quelque sorte boycotée par l’état et IOut ce qui y touche de prés ou ale loin. Des oeuvres, engendrées par le culte du héros national, commuu àtous les Jougo-slaves, Marko Kralievitch, ne sauraient guère étre encouragées, aulende-main des scandales politiques que l’on sait, ni par l’Autriche, ni par la Hongrie. Jamais l’Erat madyar, qui tient la Croatie sous étroite tutelle, n’admettra que la statue colossale du maitre Mestrovic soit érigée sur une place publique, et l’Au-triche, de longtemps, ne sera guère plus disposée à la voir s’élever sur le ciel bleu, du haut de quelque rocher ou écueil dalmate. En sorte qu’une œuvre pour laquelle tin artiste hors ligne a été obligé d’au nager un atelier spécial, risque beaucoup d’être condamnée à une réclusion indéfinie et que l’état se montre décidé à n’encourager aucunement merne l’art le plus grand et qui fait le plus honneur à la monarchie, dés que cet art fait profession de slavisme. Un critique tchèque, M. Frantisek Taborskv, rappelant fort à propos l’enthousiasme de Gierhe pour l’épopée serbe, conclut : Au lieu d’avoir les yeux de Ganhe pour l’ouvre de Mes-trovic, tous les gouvernementaux ont eu les yeux de M. dkErenthal. nn L’importance de la statue de Mcstrovic et du cycle de Mirko Racki, en passe ale devenir des évènements historiques, autant pour leur valeur artistique et Ie. signification jourgo-slave que par la ridiculesidicule attitude d. autorités à leur égard, m’an trop attardé à Zagreb et jen’ai pas assez. vante l’effort concordant de n amis slovènes de Lioublane (Laybach). L’exposition Saveos (du nom de la grande rivière sud-slave d’Autriche) entendait fêter les quatre-vingts ans de nippe-reur-Roi par une revue de tout ce qui s’est, pendant sa vie, produit d’art au pays slovène. Cela commence par les por-traits, souvenirs de famille, des Matthei Langue, Stroye, Kure-Goldenstein (auteur d’un ouvrage important sur le costume jougo-slave) et dont le portrait du poète slovène Franz Preseren a une valeur historique. Puis les Azbe et les Frank` représentent les années 184o, Karinger celles de 186o. Edouard Wolff subit l’iniluen. de Führich; Janei subit (183o-1889) a travaillé avec Hynais, (s Paris et au Théâtre national de Prague. Quant à la géné actuelle, groupée autour de Richard Jakopic dont le tableau, leau, intitulé Coule, est le meilleur de l’exposition, ils sont ales néo-impression-nistes fanatiques, tuais leurs œuvres sont de partout et n’ont encore su ni conquérir un caractere national, ni tirer de leur paysage, l’Alpe slave et adriatique, ce que certaine-ment il peut aussi bien produire que d’anuries, moins acci-dentés et moins passionnants. Citons cependant les noms, paru c. jeunes artistes, de MM. Ivan Grohar, Strnen, Matija Janus, Karel Mysa (pastels) et l’enter Zmitek (dessins et céramiques). On ne connais malheureusement pas esses les trésors d’art de Ill Dalmatie, province jadis vénitienne ; il faut do. etre reconnaissant au Dr Wilhelm Suida, directeur du Musée de Gran, d’avoir attiré l’attention, dans son beau recueil des Œsterreichische KunsIscidite, qui nous apporte tant de véritables révélations sinon de découvertes, sur la belle et grande madone de Bartolommeo Vivarini de Mu-rano, conservee à l’église paroissiale de Lussingrande, qui, malgré son nous, est une petite ville d’une petite (le du Quarnero. s’agit de l’une des oeuvres capitales du nsaitre. Les éditeurs de Vienne semblent du reste s’intéresser de plus en phis à toutes les formes de l’art autrichien, fut-il meme slave. En effet, tandis que M. J. La wy risque le grand ouvrage du Da Suida, M. Amon Schroll poursuit la publication du célébre architecte slovaque Dusan Jurkovitch sur l’art populaire de son pays, et l’on Isle permettra de m’y artéter un peu, puisque ma chronique du numéro de janvier s’en trouve en quelque sorte illustrée et qu’il apporte à la justesse de mes affirmations un témoignage irrécusable. II v a là une architecture et un art décoratif slaves millimairee, qu’il importe de sauver et qui, seuls, peuvent indiquer la voie, donner des leçons à l’art nouveau des nationalités slaves ale l’empire. Er ce sera le grand utérine de NI. Jurko-vitch d’avoir été seul à le comprendre, seul la l’enseigner 280