LE MOUVEMENT ARTISTIQUE A L’ETRANGER AUTRICHE=HONGRIE LT _a ville de Vienne se décide â honorer la mémoire d’un des plus grands artistes qu’elle air produits, le vieux mmitre Ferdinand George Waldmuller par un monument quiseratsa érigé dans le parc de l’Hôtel de Ville; que l’onconfieau de M. Joseph Engelhart, statuaire autant que peintre, et poste lequel une somme de seize mille cou-ronnes a été votée. Nos lecteurs doivent s’habituer à lire de plus en plus souvent le nom de Waldmuller. L’artiste n’avait, certes, pas besoin d’une réhabilitation, sinon il l’eût trouvée dans trois ou quatre récentes expositions et dans les belles publications de MM. Roessler et Pisko ; il a toujours été apprécié par ses contemporains et ses successeurs ; cepen-dant, cc n’est que d’aujourd’hui qu’il l’est â sa vraie valeur. C’est quelque chose désormais pour l’Autriche d’analogue à ce qu’est devenu Ingres pour la France, un Ingres anecdo-tique et trés observateur de la vie populaire et campagnarde de son temps, s’il vous est possible d’imaginer rien de pareil, tuais d’un aussi impeccable dessin, et ce par quoi il surpasse Ingres, d’un coloris charmant et fort en avance sur sots temps par le sentiment du plein air et de la poésie rurale autrichienne. Quant â M. Engelhart, nous avons assez sou-vent parlé de lui pour que nul n’ignore combien cette person-nalité artistique si bien viennoise est apte é réaliser le plus digne hommage au plus viennois des maitres. Graz prend rang de mieux en mieux parmi les villes où les choses de l’esprit sont le plus mises en honneur dans les états héréditaires de la couronne, nuis sauf par l’exposition styrienne anmtelle, ses habitants y sont plutôt initiés à la grande vie artistique des capitales qu’entrainés à une produc-tion locale. D’autre part, Prague aeu, au Rudolphinum, l’exposition de sots groupe d’artistes allemands, à vrai dire en activité autant dans les grandes villes voisines, Vienne et Leipzig, qu’a Prague. L’arrangement en fut de l’architecte Oscar Schober. Citons, en outre, les ns du statuaire Karl Wilfert (bus-relief des Vierges sages et deoms Vierges folles) et des décorateurs Richard Teschner (panneaux et meubles) et Hugo Steiner (ornements du livre), un no rn à particu-lièrement retenir. Hélas! M. Karl B. Madl, l’excellent cri-tique tchèque, en constatant partout la plus louable tendance décorative, reconnais pourtant qu’entre Tchèques et Alle-mands, dans de tels domaines, une différence radicale et ethnique n’existe pas ou à peine. Dés lors, il devient de plus en plus évident que la ten-dance nationale des écoles morave et polonaise doit â tout pris dire proposée en modèle aux autres groupes slaves. tin Cosmopolitisme, obéissant des influences tantôt anglaises, tantôt viennoises, santés françaises, ne peut que les égarer. Qui veut seulement visiter le musée d’art populaire de Vienne, en feuilleter les importants ouvrages, consacrés par M. le Dr M. M. Haberlandt et l’éditeur Lmvy à ses extraordi-naires collections, comprendra immédiatement à quel point il serait criminel de méconnaitre cette seule solide base autochtone d’un art décoratif autonome. Aussi devons-nous accueillir avec la plus grande joie la nouvelle qu’en Valachie morave, un rêve longtemps caressé des frères Jaronek, vient, grâce à une souscription ministérielle, d’entrer dans la voie de la réalisation. Je veux parler du Musée en plein air de Roznov. Roznov est une petite ville de la région montagneuse du Radhost où vivote quelque établissement thermal. Des ombrages superbes, un parc arrosé par des eaux vives forment un site à souhait pour le musée en question. On y trans-porterait les maisons d’architecture nationale qui tombent de vétusté dans les bourgades et hameaux voisins on les entourerait de tous ces aCcessoires admirablement travaillés que les grandes estampes décoratives des Jaronels ont popu-larisés (puisque cela s’appelle ainsi) dans les capitales. Tout ce qui est condamné comme caduc, tout ce qui meurt sans chance aucune de restauration dans les environs est déjà soigneusement recueilli et le sera de plus en plus à Roznov. Depuis le mobilier et la broderie, la céramique et la verrerie, la boissellerie et l’enluminure jusqu’aux instruments spéciaux de la métairie et de l’apiculture primitives. Ces dernières ruches d’autrefois, taillées dans des sections de troncs d’arbres blanchis au lait de chaux, avec des figures de hei-duques ou même des portraits, sculptes de façon â ce que la bouche forme la porte des abeilles, sont un des charmes en voie de disparition des dernières fermes isolées de cette région verdoyante. Recouvertes de petits toits de bardeaux artistement façonnés ou de grandes pierres plates barbares, équarries tant bien que mal, elles forment de petits villages en miniature, un diminutif du vrai village auprès des mai-sons. il y a encore les rustiques beffrois, composés d’un grand tronc d’arbre à la fourche recouverte, elle aussi, d’un char-mant petit toit conique de bardeaux, sucs lequel se balance la cloche. J’ai déjà parlé jadis de ces miraculeuses petites églises de bois, dont le type commence â poindre en Bohème, règne sur les deux versants slaves des Carpathes, et meurt ou se modifie, en donnant naissance aux non moins extffiordi-naires bisériques, églises orthodoxes de Bukovine, Transyl-vanie et Roumanie. Comme on le voit, la tâche de satiner des échantillons caractéristiques de tout cela ne sera pas mince pour le musée eu plein air de Roznov, et ce ne sera pas l’une des moindres bonnes oeuvres du ministère autri-chien que d’en avoir rendu possible la fondation. BELGIQU E Nous avons eu, en deux mois, trois apaisions impor-tantes Bruxelles, celle du cercle Pour YAn et de la Libre eslitéligne, à Anvers, celle de L’Art contemporain. L’Art contemporain groupe les artistes indépendants de Bruxelles, d’Anvers et de Gand et organise, chaque année, à Anvers, un salon qui contraste singulièrement avec l’offi-ciel salon triennal. On est nés éclectique â L’Art contempo-rainaccueille les novateurs, môme lorsque ce qu’ils apportent est discutable, et l’on écarte les peintres sans personnalité qui encombrent le salon officiel. s, Wou,. Rygrets. iL’exposition de ceste annee est particulièrement intéres-sante, et par la variété des envois importants des tendances, et par la belle présentation des oeuvres. Trois artistes fran-cais y occupent une très large place MM. Ménard, Henri Martin et Maurice Denis. Les oeuvres du premier, les trois dyptiques destinés à la décoration de la salle des actes de la Faculté de Droit de Paris, ont fait sensation. L’admiration est unanime pour ces compositions au style ample, et qui fait passer dans la sereine beauté classique, dans les splendeurs éternelles évoquées avec vigueur, avec