L’ART ET LES ARTISTES curieux se disputaient les objets de a lachinage étoflès de soie, potiches et laques, où l’idée vint enfin de travailler sur le modèle des e ouvrages qui viennent de la Chine e. C’était le temps où l’on construisait à Versailles les grandes ailes du Midi et du Nord et le palais se faisait de plus en plus majestueux et solennel il plut au roi de posséder pour ses délassements une demeure aimable au goût du jour. Son premier architecte dut satisfaire à ses désirs en élevant e le petit palais e, d’une construction extraor-dinaire, dont parle Félibien et auquel personne jusqu’ici n’avait prêté la moin-dre attention. Le Vau, qui avait été l’architecte de Fouquet à Vaux-le-Vicom te, qui avait bâti le collège des Quatre-Nations et qui transforma itVersailles, commença les travaux au printemps de 1670; il les conduisit avec une extrême rapidité. Ce fut sa dernière oeuvre. On y retrouve tou-tes les qualités de ses belles co m positions alliées à une recherche très originale dans l’emploi des matériaux tout nouveaux dont il eut à se servir. Après sa mort, en oc-tobre,son gendre Dor-bez, qui avait été son collaborateur,surveilla le parfait achèvement de la construction. Autour d’une cour ovale se groupaient cinq pavillons d’une architecture simple, niais auxquels la silhouette et l’ornementation des toitures n’étaient pas sans donner quelque caractère oriental Sur l’entablement, lit-on dans la description, il y a une balustrade chargée de quantité de vases, et toute la couverture forme une espèce d’amor-tissement dont le bas est orné de jeunes amours armés de dards et de flèches qui chassent après des animaux. Au-dessus, il y a plusieurs vases de por-celaine disposés de degré en degré jusqu’au faite du bâtiment, avec différents oiseaux représentés au naturel. Entre les fenêtres se trouvaient des bustes de faïence supportés par des consoles de la même matière et, pour augmenter l’impression de céra-mique, on peignit les croisées et les grilles de fer en e façon de porcelaine ». La vue des trois pavillons donnait sur le jardin. Le parterre haut était garni surtout de jasmins et de jonquilles dont les ors faisaient valoir les bleus de la maison royale. Autour des fontaines, les mar-gelles de plomb étaient recouvertes d’un en-duit brillant imitant la porcelaine et de grands vases de faïence couronnaient les murs des terrasses. Le parterre bas, au-quel on descendait par un grand perron, était entouré de berceaux de treillage et ses bro-deries encadrées d’ali-gnement d’orangers plantés en pleine terre au-dessus desquels on construisait de grandes serres pendant l’hiver. Un petit pavillon, situé à l’emplacement qui termine la galerie actuelle, renfermait la salle des parfums, où l’on extrayait l’essence des fleurs. Ce cabinet plut extrêmement aux ambassadeurs siamois qui visitèrent Trianon, car, dit Le Mercure, ils aiment fort les odeurs et ils admirèrent la manière de parfumer avec des fleurs ». Cette délicate construction ne devait durer que 16 ans. Les hivers l’éprouvaient beaucoup; peut-être n’avait-on pas fait assez de différence entre la porcelaine et la faïence, que l’on confondait ordi-nairement à cette époque. Les gelées enlevaient peu à peu l’émail des carreaux de la toiture et faisaient éclater les vases; on devait constamment remplacer les éléments de la construction. Le roi se lassa; ce qui l’avait d’abord charmé n’eût plus PLAN DU TRIANON DE PORCELAINE 130