LE MOUVEMENT ARTISTIQUE A L’ÉTRANGER M » NA PAL’Ll AMIS SUISSE pansu tant d’expositions particulières qui ont fleuri le printemps sur le sol suisse et qui, pour la plupart, ne nous ont rien révélé de bien nouveau ou de bien intéressant, il convient de mettre à part l’exposition de l’oeuvre gravé de M. P.-E. Vibert, qu’on a par voir successivement h BAle, A Berne et h Genève. Originaire de cette dernière ville, M. P.-E. Vibert est fixé depuis bien des années d Paris, et, s’il envoie volontiers à nos expositions quelque page déta-chée, c’est la première fois que notas avons l’occasion en Suisse, de nous faire une idée d’ensemble de sa production artistique. De fondation, M. Vibert est graveur sur bois et, mieux que tant d’autres, il est resté fidèle A son art qu’il n’a pas peu contribué A rénover et â remettre en honneur. Très habile burineur sur buis, maitre de toutes les ressources du métier, il a voulu faire et il a fait, dans la gravure, œuvre d’artiste créateur et original. Male Muas l’illustration du livre — portraits, paysages, scènes de vie, — il ne se borne jamais reproduire ou même à interpréter l’oeuvre d’autrui. Son oeuvre gravée s’inspire toujours directement de la nature et du modelc vivant. Ses portraits d’écrivains et d’artistes — Anatole France, Rémy de Gourmont, Verlaine, Rodin et tant d’autres moins illustres — sont des modèles de sincé-rité où le graveur. malgré son tempérament lyrique, tenable s’imposer la loi de ne rien exprimer de plus que ce qu’il a précisément vu ct ressenti devant cet contemporains notoires. Devant la nature, l’interprétation de l’artiste est plus hardie et plus libre. Dans ses paysages, il marque une prédilection Musée Nationel f, Sloekbolet. marquée pour les terrains vagues, les abords des fortifica-tions, les carrières de pierre de la banlieue de Paris. Dans cette nature dénudée, souvent ménie désolée, le motif pré-féré de c’est quelque arbre, dépouillé de feuilles et de fruits, battu, tordu, courbé par le veut d’orage, tendant encore contre le ciel tragique son squelette énergique en ses tronçon mutiles. Nul ne commit mieux que M. Vibert la structure,s l’allure, le caractère propre de chaque espèce d’arbre, pruneliers, pommiers, saules, bouleaux, peupliers ou chênes rogue.. Et, datas certaines pages particulièrement émouvantes — La Maison eu démente, l’Arbre brisé — le simple spectacle de nature observe s’exalte en vision sym-bolique. C’est en effet par une tendance assea marquée h un sym-bolisme à la fois naturel et douloureux, on s’exprime la lutte de l’homme coutre la vie hostile et le destin contraire, contre la misère et la souffrance, que l’art de M. P.-E. Vibert nie parait donner sa note distincte et garder son caractére con>tant. Très discrètement indiqué d’ailleurs, sans aucun geste déclamatoire, ce trait relève heureusement, aveu les paysages du graveur, les quelques scènes de vie animale ou humaine qui s’y associent quelquefois, comme datas les Bords de Bièvre, le Pulls pier, ou la Cabane Glaisiers. Il est plus souligné, plus pathétique encore d’intention et d’exécution, dans certaines pages où s’accuse nettement une inspiration mélancolique, douloureuse ou résignée, telles que les Faméliques, la Mar ou le Fou el le Vent. Mieux que dans les rondes de nymphes ou les danses de faunes, auxquelles 189