pieux, austère, ami et disciple de Savonarole. Ce fut cet homme que Jules Il choisit pour exécuter son tombeau, dont il voulait faire le symbole impérissable de ses projets et de sa gloire. Michel-Ange vint donc. Un plan co-lossal fut conçu, le sculpteur s’installa. Mais l’esprit altier de jules II était inconstant : il vou-lait tout embrasser. Ce projet à peine arrêté, il oublia le sculp-teur et ne songea plus qu’a con-fier la nouvelle basilique de Saint-Pierre à Bramante. Michel-Ange, irrité, s’enfuit à Florence. Le pape se le fit envoyer à Bolo-gne, où il venait d’entrer un vainqueur, pardon.. Puis, en 1507, l’ayant ramené décidément à Route, lui enjoignit brusque-ment de laisser là le tombeau, objet de leur broutille, et de décorer la volute de la Sixtine. Michel-Ange eut beau protester, alléguer tu qu’il n’était pas pein-tre n : dans ce duel magnifique de deux obstinés également farouches, l’artiste plia. Il accepta. Le plafond, depuis Sixte Il’, était resté peint d’un badigeon bleu étoilé. On ne songea d’abord qu’a un lacis d’arabesques et de grotesques à la façon de Pintu-ricchio sur la voûte menue, puis, dans les tympans des douze fenê-tres, à douze figures d’apôtres. Michel-Ange fit venir des praticiens florentins pour l’aider dans le travail de b fresque : puis il conçut, trouvant le projet pauvre, la décoration entière de la voûte et des murs, au-dessus des fresques commandées par Sixte IV, et enfin, brusquement envahi par une résolution de son inflexible génie, il renvoya tous les aides en 1509, s’enferma, absolument seul avec le maçon qui préparait l’enduit et s’isola dans son gigantesque effort. Ce fut à peine si Jules Il putt forcer la porte de loin en loin et violenter la volonté du visionnaire. En 15 12 Pomvre était achevée : Michel-Ange sortait de la Sixtine pareil à un vieillard, brisé, halluciné et plus sombre que jamais. L’œuvre et ses conditions d’enfantement sont uniques dans l’histoire de l’art humain. Douze figures de Sibylles et de Prophètes, les tympans, quatre scènes d’angle, neuf scènes au LA PEINTURE ITALIENNE P10. FEDERIGO 1.1.1 CA RI — t’axe t’ont centre, séparées, par des pilastres, des corniches et des arcs, composent la décoration du plafond de la Sixtine, où Michel-Ange a représenté le poème de la Genèse. Dieu sépare la lumière des ténèbres il crée le soleil et la hune; il sépare la terre et les eaux ; il crée l’homme; il crée la femme; la Tenta-tion détermine l’exil d’Adam ; Cain tue Abel ; le Déluge noie la terre; l’ivresse de Noé est le neu-vième sujet du centre de la voûte. Le Supplice d’Aman, le Serpent d’airain, la mort d’Holopherne, David et Goliath, occupent les quatre angles. les figures des ancêtres dut Sauveur emplissent les tympans. La couleur joue un rôle très secondaire en cette décoration avant tout c’est un peuple de statues peintes. Lamour de Michel-Ange pour le nu, auquel il veut faire tout exprimer et qu’il considé-rera de plus en plus comme un symbole expressif et l’objet suprême de la peinture, différencie pro-.49