Le Mois Artistique ORM/F.1.ES RI ■ ■ ‘, ELIERS LA PRixceSS1.1.1:.,IC:111, I ‘I’ O. ,51,50 Galeries Chaîne el SilIMIS011. 1 g. rue Caumartin ;. — C’est toujours un des événements artistiques les plus importants de la saison qu’une exposition (lorsque nous avons la chance d’en voir s’ouvrir une: de la princesse Ténichelf. A la prochaine occasion. M. Léandre ‘ail lat reparlera. d’une façon plus complète et plus définitive. de l’ensemble de la tentative vraiment passionnante dont cette femme supérieure est l’initiatrice. Il me suffira de dire ici en quelques mots tout le charme de cette dernière exposition. Rien qui surprenne au propre sens du mot miais nous sommes infiniment trop habitués à réclamer quelque chose qui surprenne comme si c’était là le but d’une œuvres rien qui marque ce que Ibn appelle trop flatteusement dans le jargon de la critique une évolution. Non. l’n tel art se passe d’à-coups et de rebondissements. Il procède avec lenteur et se développe sereinement. en profondeur. Dans ces broderies exquises de ton, de matière et d’arabesque. dans ces meubles où l’esprit du bois a été respecté jusqu’à la religion et qui semblent ne vouloir emprunter que des formes sylvestres et rudes, dans ces accessoires de mobilier ou de coquetterie : boites, ombrelles. tabourets, vide-poches, etc., et dans ces adorables œufs de Pâques. cadeaux de fées et d’aimables sorciers. se fait jour toute l’imagination populaire. à la fois rude et fertile. simple et prodigieusement touffue, bourrue et délicate, barbare et ravissante. C’est le génie de la princesse Ténicheff d’avoir pu fondre ensemble. avec cette sûreté, le rée, des artistes et l’exécution des paysans. Mais il faut dire que ceux-ci ont le droit d’ajouter. pendant leur travail. à la ligne ini-tiale qu’ils suivent, tous les enjolivements de leur fantaisie décorative. ici limitée et éduquée précisé-ment par la culture qu’ils reçoivent aux ateliers de Talachkino. Il faut dire que les artistes sont infi-niment plus près du peuple qu’ici. Quelle que soit la folie de leur réve, elle ne perd pas le contact avec celle du rêve populaire. C’est le même. un peu plus raffiné. Ainsi l’élite parle un langage dont la construction est peut-être plus savante mais dont l’essentiel le sens et la saveur des mots, est tout pareil à celui que parle la foule. Une communion peut s’établir que l’on n’ose croire possible chez nous. L’exemple de la princesse Ténichelf. malgré cette objection. devrait être suivi. ne fût-ce que pour tenter par lui un rajeunissement de nos sources d’inspiration populaire. PAs.riu.s ri’ 10,551 0.s A LA CIRE D’IWILL (Galerie Boissy-d.Inglas. 39. rue Boissy-u’:1nglas,. —Venise et les paysages de neige semblent les motifs les plus chers de cet artiste délicat. Encore qu’il sache bien rendre le charme de nos paysages de I’lle de France en été, au printemps, alors que. autour des joncs et des roseaux, des peupliers et des bouleaux. à la limite d’un ciel fin et sur un sol attendri plane et vibre la douce et diffuse atmo-sphère qui s’élève de l’eau des fleuves et des marais. La technique charmante du pastel à la cire accentue encore l’impression heureuse de ces nuances et de ces demi-teintes. ExposiTION D’AQUARELLES rr DE GOUACHES (Galerie Derambe;-. 4.1. boulevard Malesherbes). — Très bon ensemble. Chacun des artistes représentés (ils sont peu et bien choisis) expose quatre œuvres, ce qui déjà l’oblige lui-même à une sélection assez sévère. Les fleurs de 11.1n Besnard sont absolu-ment ravissantes et d’une largeur superbe. D’élégantes nudités païennes attestent le talent de M. Jaulmes. L’envoi de M. \ florton est particulièrement heureux. Ses jardins sont de splendides amoncellements de fleurs. pleins de faste et de joie. Et son Vieux pont de Sonning sur la Tamise est une œuvre. Le talent de M. Francis Jourdain nie ravit davantage à chaque nouveau contact. Je ne savais pas qu’il pùt taire d’aussi parfaites aquarelles. De plus en plus le motif est pour lui inutile un tournant de rue de village lui suffit. mais il y met je ne sais quoi de spirituel et de délicat. qui demain sera du sentiment. J’ai découvert en M. G. Ribemont-Dessaignes un artiste d’une sensibilité et d’un raffinement exquis. Ses petites estampes simplifiées à la limite de l’extrême restent enfantines en devenant mystérieuses et révèlent une précieuse et fine personnalité. Je ne saurais rien dire de plus. en ayant beaucoup parlé dans cent occasions, du talent de MM. NI. Boutet de Monvel (La Toilette: Portrait de Mil, C. 11;1: B. Boutet de Nlonvel I Sirènes,; Jeanès (un impres-sionnant Sorapis) André \’ilder (des marines excellentes, ; L. Sué ; P. Signac ; Gaston Prunier. paysagiste minéral et pathétique ; M. Maufra ; Julien Lemordant et ses forts pêcheurs; Drésa; P. Brissaud ; Mme G. Agutte nues italiennes. aquarelles gouachées, d’un joli fouillis de détail, etc.. etc. I8o