L’ART ET LES ARTISTES Cl, U DE-JOSEPH VEFINET — t.r.s BAIGNEUSES reçut dans son genre les encouragements enthou-siastes des philosophes et notamment de Diderot, parce qu’il répondait plus exactement à leurs théo-ries dramatiques, qu’il traduisait leur idéal expressif et moral et même qu’il transposait en peinture les adaptations scéniques de leur programme moderne. Mais il est loin du bonhomme Chardin, si grand et si simple à la fois. La grivoiserie, du reste, chez Greuze, voisine avec la morale et la Cruche cassée peut s’opposer à la Malédiction paternelle. Il était, comme Watteau, fils d’un maitre cou-vreur, ses dispositions précoces pour le dessin portèrent son père à le mettre en apprentissage chez un peintre de Lyon où il copia en peinture des gravures anciennes. Il exécuta un premier tableau: Le père de famille expliquant la Bible, qu’il vint essayer de vendre à Paris. Il eut de la peine à réussir, personne ne le connaissant encore assez et ne voulant croire que ce tableau fût de lui. Cepen-dant, un riche amateur. M. de la Live le lui acheta, l’exposa chez lui, et lui assura un.succèsqui s’affirma au salon suivant. Il eut l’occasion de faire en Italie un voyage qui laissa durant quelques années des traces dans son art. En 1761, son tableau de L’Acco•dée de Village, aujourd’hui au Louvre, eut un tel succès qu’il fut reproduit en tableau vivant dans les Noces d’Arlequin, au Théâtre Italien. Il avait épousé la fille du libraire Balbuty, fort jolie personne qui lui servit souvent de modèle. Reçu académicien en 1769, il eut des difficultés avec l’Académie et n’ex-posa plus jusqu’à la date de la Rés olution. Il a laissé une rouvre très abondante. Comme le vieux ‘• Frago – il eut le tort de se survivre. La fin de sa vie fut très triste. Ruiné, tombé dans l’indi-gence, il essaya de sa main chancelante de peindre à la nouvelle mode du jour, mais son temps était passé. Il mourut dans une grande misère. Son art eut des imitateurs son élève M° Le Doux, Lépicié, qui tient aussi bien de Chardin. etc. Il reste à parler, dans cet ordre d’idées, de ceux des artistes qui sont par essence des naturalistes ; je veux parler des paysagistes. Il en est deux. d’abord, dans la première partie du siècle, qu’on peut ranger dans cette catégorie bien qu’ils soient plus particulièrement des décorateurs et « qu’ils aient peint surtout des animaux. Ce sont Desportes et Oudry. François Desportes H661-17431. était fils d’un riche laboureur champenois qui l’envoya étudier à Paris, chez un de ses oncles. Ses goûts précoces pour le dessin le firent placer chez un élève du flamand Snyders, Nicasius, de qui il ne tira guère de bons conseils. Il travailla surtout sur 158