L’ART ET LES ARTISTES (plats, vases, jarres et autres ustensiles) de cens industrie jadis si florissante et dont lui-même tente, avec succés, de ressusciter la fabrication moderne sur ces anciens modèles. La gravure ci-jointe donne une idée de la richesse de cette collection. Mais, autant que ce pavillon, la propre demeure de M. Paramo est un véritable nausée. Le joli « patio s à la mode anda-louse est orné d’un portai! gothique et mudéjar en stuc, provenant du même palais de Torrijos, et de superbes pieces d’. afitfféjos » de Tolède et de Talavera, cacao-tes du célèbre spécialiste en cet art Ignacio Mansilla 06;61. La cour contient de nombreuses pierres tombales romaines et gothiques et autres vestiges archéologiques trouvés dans les environs, notamment plusieurs de ces effigies primitives d’animaux, phéniciennes ou celtibéres, qu’on désigna; com-munément sous le nom de « taureaux de Guisando ». Enfin, toutes lus salles sont ornées d’une profusion d, faïences his-pano-mauresques ou de Malaises des xos et xots siècles, tapisseries, chasubles et autres ornements d’église du monas-tère de Yuste, à l’époque où Charles-Quint s’y retira, anciens fi fils-tirés » dont cette région abonde, meubles de prix, éventails, etc. Parmi les pie-ces historiques ou artistiques les plus intéressantes, il faut citer une collection de monnaies et médailles romaines, une autre de privilèges des rois de Castille, avec leurs sceaux, une panoplie d’armes du temps de Philippe IV, deux étriers de fer arabes du xvs siècle, une bibliothèque ayant appartenu au duc d’Osuna et plusieurs meubles gothiques, la longue-vue de campagne du duc de Wellington, é la bataille de Talavera; enfin, parmi les sculptures, une fort belle tète de chevalier romain, en marbre, et, parmi les tableaux, deux panneaux primitifs et un autre du fi Divino Morales s. Les amateurs d’art qui parcourront cette région si curieuse et si peu connue de l’Espagne ne doivent pas manquer de mettre à contribution l’extreme obligeance de M. Paramo pour visiter cette intéressante collection. Il serait bien souhaitable quo son exemple et celui d’autres intelligents Mécènes eussent en Espagne de nombreux imi-tateurs, pour éviter les spoliations artistiques chaque jour enregistrées. Les journaux ont dénonce récemment les pro-jets de vente de plusieurs objets historiques de grande valeur, és à la cathédrale de Pampelune la croix byzantine conserv émaillée, don de l’empereur Emmanuel Paléologue à Charles II le Mauvais ; le reliquaire d’or et argent, en forme de saint-sépulcre, contenant une des épines de la couronne du Christ, offert par saint Louis de France à son gendre, Théobald II de Navarre; enfin le fameux coffret d’ivoire arabico-persan du Ixs siècle, dit « d’Hagib qui renfermait naguère les reliques de Sainte Nunêle et de Sainte Alodie et que le roi navarrais litige fit transporter du monastère de Leyre, dans le Haut-Aragon, à Sanguesa, sa résidence. En même temps, on apprenait que le beau « patio » plateresque de la maison de Miranda, à Burgos, un des plus intéressants spécimens d’architecture civile de la Renaissance espagnole, allait, connue celui de l’Infante de Saragosse, ètre transporté l’étranger avant été acquis, au prix de fa non pesetas, pour le compte, aP-t-on dit, de M. Pierpont Morgan. Cc « patio » it deux étages est orné de colonnes à chapiteaux corinthiens, renforcés de consoles sur lesquelles repose l’architrave, et d’une double frise à figures, avec écussons et portraits. Le ministre des Beaux-Arts, M. Burell (h qui l’on doit déjà la consermtion du tableau de Van der Goes, du Collège de Monforte, acheté par le Musée de Berlin) a chargé, dès qu’il appris la vente du « patio » de la maison de Miranda, le député de Burgos, SI. Aparicio, d’aller sur place s’y opposer par tous les moyens, et il semble que le danger en soit écarté. Cet incident s prouvé une fois de plus la nécessite d’une loi contre l’exportation des œuvres d’art, dont M. Buren, dans une récente séance du Sénat, a promis d’élaborer à bref délai un projet s’inspirant de ceux de ses prédéc, le comte de Casa-Valencia et M. Rodriguez San Pedro.esseurs Mais il juge indispensable pour cela de disposer de crédits suffisant à permettre à l’Est d’acquérir les oeuvres dont il ne peut empécher légalement la vente; on pou rait, à cet effet, frapper ce genre d’exportations de droits élevés qui serviraient à constituer les fonds d’achats. Plusieurs journaux conseillent au gouvernement, en attendant le vote de cette loi, de remettre en vigueur les pragmatiques prohi-bitives de Charles III ; on a aussi très opportunément signale la convenance d’y réglementer les réformes souvent désas-treuses dont les villes artistiques ou pittoresques sont vic-times de la part des municipalités. Dans lamême séance du Sénat, se traitait cette ques-tion, NI. Tormo, professeur d’Histoire des Beaux-Arts à l’Université de Madrid, a nique une intéressante découverte faite, par lui et sescommu élèves, dans la chapelle dire de l’archevéque Ténorio, de la cathédrale de Tolède. En grattant les parois, ils ont mis àjour des fragments de fresque du xtvs siècle, représentant l’histoire de saint Pierre, et qui durent étre recouvertes lorsque le cardinal Lorenzana fit plâtrer d’autres peintures mumles entachées d’immora-lité. MM. Enfile Belleau., professeur à l’Université de Lyon et Mayer, adjoint à la Pinacothèque de Munich, qui ont vat ces fresques, analogues à celles du Palais des Papes, à Avi-gnon, les attribuent à Starnina. M. Tormo a donc demande au gouvernement, d’accord avec le chapitre de la cathédrale, de procéder à leur mise à jour complète et le ministre des Beaux-Arts a promis de s’y employer. D’autre part on signale que les fouilles entreprises par MM. Mérida et Pulido dans lesruines nes de Mérida, ont abouti au déblaie-ment de 4..000 mènes cubes de terre, sur remplacement du théâtre antique, composé de 34 gradins d’une contenance de 16.000 places et dont la scène mesurait zo métres de lar-geur sur IO de profondeur. De nombreuses colonnes et chapiteaux ont déjà été extraits, et l’on espère que ces tra-vaux seront terminés en février pour commencer les fouilles au lieu dit « Bain de la Mora » où se trouvait le cirque romain de l’ancienne Emerita. J. Causse. HOLL ICONTESTABLEMENT l’événement artistique le plus impor-tant de l’an passé, en Hollande, fut l’exposition très complète d’oeuvres de notre grand Israels, à Venise. La commission de l’exposition m’ayant chargé de réunir un choix de tableaux, aquarelles et études du bel artiste octogénaire, je réussis, malgré de grandes difficultés, à orga-niser un ensemble complet, formant la salle Israfils, qui ANDE donnait un rare aperçu de l’ocuvre entier du peintre, de sa jeunesse à sa pleine expansion. Cette salle, ainsi qu’entre autres journaux, L’Opinion, l’a fort judicieusement remarqué, avait une belle tenue par sa simplicité, à côté des salles Klimt, Laverv, Roll. En effet, l’art d’Israels, austère et digne, se rauche très directement à celui de ses grands ancêtres du sots siècle. 182