de la Ivre. Une main sur les cordes de sa cythare, l’autre prête à faire entendre le chant qui lui vaudra la vic-toire. le fils de Latone écoute, assis, calme. majestueux, conscient de son triomphe. Entre les deux rinun ‘dresse l’esclave set -the. son couteau à la main. impatient d’en finir ax l’impudent et de l’écor-cher vif. Les trois atti-tudes, celle, surtout. de Marsyas sont rendu, avec un beau mou,- ment de vérité et de vin. Ce sont ensuite trois des Muses arbitres du Concours. Euterpe, muse de la Musique est assise adroite; Calliope, muse de l’Epopée se tient debout au milieu; Erato, muse de l’Elégie, se trouve à gauche, éga-lement debout. Elles écoutent attentives en une pose recueillie. Malgré le sentiment de justice qui les anime et qui doit dicter leur sen-tence, on sent qu’elles sont de pensée avec le dieu des arts. L’imperceptible sourire de la muse de la musique fait prévoir le résultat du concours. Les draperies des trois déesses sont magistrale-ment traitées et si le maintien d’Erato est tant soit peu théàtral ce léger défaut est racheté par la très belle attitude d’Euterpe. Dans l’ensemble et dans les détails cette muse de la Musique forme une figure de perfection absolue. L’ART T LES ARTISTES rapaya.opoulos. TETE DE RISCEMITALQUE, ROI DE THRACE (1‘) (PREMIER SIÈCLE AV. 1.-C.1 VII. L’ART DE L’ÉPOQUE HELLÉNISTIQUE SALLE DE THÉMIS Mais des messagers, accourus de la grande capi-tale asiatique, apportent aux peuples atterrés la fatale nouvelle. Alexandre n’est plus. Le noeud gordien qui dans ses replis inextricables enroulait les nations diverses de l’immense empire a, cette fois-ci, été tranché par le destin. Sans le souille du conquérant l’univers ne ressemble plus qu’à un aie corps privé de vie. Sur le cadavre des conquêtes s’abattent trente-six généraux et, s’entredé-vorant, ils s’en disputent les dépouilles. Enfin la Macédoine devient la part de Cassandre. la Thrace celle de Lysima-que, Ptolémée s’empare de l’Egypte. Antigonos de l’Asie-Mineure. La Grèce est déclarée libre. Mais la gloire du Macé-donien, rejaillissant sur elle, l’a fait vivre, insen-siblement, sous un joug impérieux, et ce joug a émoussé son habitude d’indépendance. Avec l’empire qui se démem-bre, l’art se démembre pareillement. Athènes n’est plus le grand centre intellectuel. Alexandrie est devenue ce centre. L’Ecole Attique fait place, peu à peu, aux écoles de Rhodes, de Pergame, de Tralles. Lysippe et Léocharès passent en Egypte où travaille, déjà, le célèbre sculpteur carthaginois, Voétos ; et tous les trois ils émerveillent la Cour avec leur faste. A la suite de Bryaxis et de Charès de Lindos, qui tous deux vont dresser des statues colossales, Ayessandros, Polydhoros et Athena-dhoros — les auteurs du futur Laocoon — émigrent à Rhodes. Bientôt Isigonos, Stratonikos et Pyroma-chos éléveront sur l’Acropole de Pergame un fameux autel à Zeus et à Athenà, tandis qu’Apollonios et Tavrikos. établis à Tralles, sculpteront le célèbre taureau connu sous le nom du Taureau de Farnèse. Si cette décentralisation diffuse de par le monde le génie hellène et répand, au prime abord, un vif éclat sur l’art grec, elle ne tarde pas à sonner l’heure de la décadence. Le fait mème de l’harmo-nie d’unité artistique rompue, marque cette heure. Les nouvelles écoles, en effet, commencent par exagérer la manière des grands maîtres. A la pureté hiératique de Phidias succèdent des attitudes de plus en plus déclamatoires; à l’humanité contenue de Scopas un réalisme apparent, assoiffé de crier