L’ART ET LES ARTISTES Plw1. Bers fm. KAI-CH’I — UNE FEMME (VERS 1700) Inscriptiou « Elle est assise à la fonétre, elle aime les viàlements rouges, ct elle est pareille à la fleur tombée de l’abricotier. r Angoisses de la Vie). L’âme de la libellule impon-dérable et chatoyante habite les émaux et les bijoux de M. Eugène Feuillâtre. La reliure que Le Rov-Desrivières a faite pour La Vila Nova est tout à fait heureuse et M. Ensile Robert a exécuté un devant de foyer d’une bien jolie lumière. Citons enfin la spirituelle Girafe en fer forgé de M. Ensile Robert, les orfévreries de M. Frank Scheidecker et de Mn.’ Myto René-Jean et celles de M. Charles Rivaud, un des plus beaux, des plus intelligents et des plus probes artistes du bijou que nous possédions aujourd’hui. PEINTURES, PASTELS ET DESSINS DE TRISTAN KLINGSOR,LOUIS LE BAIL ET CHARLES MILCENDEAU (Galerie de l’Amateur, 43, rue Lafayette). — Si la violence d’accent de M. Le Bail m’échappe, je goùte tout à fait les dessins fermes et caractéris-tiques que M. Milcendeau a fait de paysans ven-déens ou castillans. Le jour du Marché à Ledesma me parait excellent. Quant à M. Tristan Klingsor, j’en ai souvent parlé ici-même mais jamais de ses ensembles. Celui-ci est important, surtout par la qualité de l’effort natures mortes bien établies et savoureuses, fleurs dans leur atmosphère, portraits appliqués et curieux. M. Klingsor est avant tout un poète. EXPOSITION D’ŒUVRES DE DANIEL VAZQUEZ—DIAZ (Galerie P. Le Chevallier, a7, boulevard de la Madeleine). — Je n’aime pas tout de M. Vazquez-Diaz, mais je ne puis discuter ni son effort qui est considérable vu sa jeunessse, ni certaines de ses réalisations, par exemple Une Famille à Zamora dont l’allure est toute classique : chaque person-nage est campé avec énergie et réalité, un sens très sûr de la vie. Le Prétre aussi est une belle chose, avec sa figure ardente et inoubliable, dévorée d’une passion contenue. Il y a dans ces deux oeuvres, dans quelques paysages fort délicats et d’une subtile vision, dans certains portraits au crayon (têtes de femmes à la fois simples et poussées), quelques-unes des qualités que nous nous plaisons à attribuer à l’école espagnole et qui apparentent ce jeune artiste à ses maîtres tradi-tionnels. Souhaitons qu’elles gardent chez lui la prédominance et inspirent tous ses travaux. EXPOSITION ETHEL SANDS (Peul Musée Baudouin, 253, rue Saint-Honoré). — Cette jeune femme, dont j’avais remarqué au Salon d’Automne d’il y a deux ans des vues des Charmettes si intéressantes, expose aujourd’hui une vingtaine de toiles qui per-mettent de mieux la juger. C’est une artiste qui aime surtout les intérieurs ; elle les considère avec une infinie patience et un grand respect, j’entends qu’elle ne s’avise jamais sous prétexte d’un meilleur arrangement de changer quelque chose à leur disposition. Elle peint ce qu’elle voit, comme elle le voit, sans rien truquer. Seulement, comme elle possède un sens extrêmement délicat de la valeur, de la distinction, de la qualité des objets inertes, à son insu même en les peignant tels qu’ils sont, elle leur confère je ne sais quoi de personnel et de doucement émouvant, qui nous touche. Ses tapis, ses tapisseries sont des miracles de délicatesse. Vuillard n’a pas mieux fait en ce sens, s’il en fait beaucoup plus. Parmi les peintures les plus réussies de Ethel Saluts, je citerai : Le Divan, Santa Maria dei Miracoli, les deux tableaux des Charmettes, Le Chine ronge, Table à écrire, etc. M°’ Ethel Sands est une intimiste, des des plus subtiles et des plus sensibles. PEINTURES CHINOISES ANCIENNES, COLLECTION OLGA—JULIA WEGENER (Galerie Bernbeim jeune 228