L’ART ET LES ARTISTES nié la vie au point d’en faire une incarnation hu-maine du fameux Don Juan,est cependant une des figures les plus intéressantes et les plus représenta-tives de l’Espagne du xvir siècle. Sa vie de jeunesse a donné lieu à toutes espèces de légendes, quelques-unes belles et poétiques. Ce qu’il y a d’uniquement certain et historique, c’est que peu de temps après avoir perdu sa femme, il apparai t comme un modèle de perfection morale, se voue à la prière et aux oeuvres de piété. C’est à lui que l’on doit la fondation de l’hôpital de la Charité de Séville dont la chapelle garde depuis lors des chefs-d’œuvre de Murillo et de Valdès Leal. Ce fut à mon avis l’intelligence de Don Miguel Mafiara, qui, s’accordent avec les idées du peintre, amena ces deux hommes singuliers à s’entendre; et le mystique et l’artiste furent amis durant de longues années. Valdès Leal, sur l’instigation de Mafiara, réalka les deux fameuses toiles In kin Ocnli c’est-a-dire Eu tin clin d’œil et Finis Mondé, Fin des Gloires in Monde, oeuvres d’un pessimisme tel qu’il n’est pas exagéré de dire que nul peintre de nul pays n’a jamais imaginé rien de si terrible et de si plein d’horreur. En 1674, il peignit les tableaux de mérites très différents, niais fort intéressants dans leur ensemble, de la Vie de sain’ Ignare, actuel-lement au musée de Séville. L’année suivante, celle de 6.7 i, parait avoir été très importante dans sa carrière. Ce fut la première fois, et aussi la dernière, qu’il vint à Madrid, oh il eut l’occasion de voir et d’étudier les oeuvres des grands maîtres italiens, flamands, allemands et espagnols. Il retourne bientôt à Séville mais depuis cette époque, ses oeuvres, quoique toujours des chefs-d’oeuvre et éminemment personnelles, n’ont plus cependant le brio et le brillant de ses pre-mières années. Valdès Leal mourut en 1690. Nous sommes convaincus que, lorsqu’on se rendra bien compte des qualités singulières et de premier ordre de ce peintre, il sera considéré comme l’une des person-nalités les plus saillantes et les plus indubitable-ment intéressantes de la peinture espagnole. A. ne hlenucre Y MORET. oi