LE MOIS ARTISTIQUE préfère encore ses pastels, plus fins, plus délicats et d’une plus parfaite matière. LA GRAVURE ORIGINALE EN NOIR : QUATRIk5IE EXPOSITION. (Galeries Allard, 20, rue des Capucines). — Novembre est la saison de la gravure. Pourquoi ? je n’en sais rien. Mais partout on en trouve. Tantôt en noir, tantôt en couleurs. Il m’est de plus en plus difficile d’en parler convenablement car la tendance s’affirme, d’année en année, en cc qui concerne les expositions de groupes, dans le sens d’une monotonie et d’une routine, peut-ètre excellente pour la paresse du public et pour les affaires des artistes, ce qui, je me hâte de l’ajouter, me cause un vif plaisir. Mais rien de plus ingrat pour la critique. Car, s’il est malheureusement vrai qu’on ne s’impose que par la répétition à ceux qui ne comprennent pas, aux distraits et aux pas-sants, les attentifs et les consciencieux n’ont pas besoin de cette insistance. Nous ne pourrions que répéter, sur les graveurs de cette exposition par exemple, ce que nous avons déjà dit. Leur talent ici n’est pas en cause, mais les nécessités de la production moderne. Il m’est absolument impos-sible de caractériser d’une façon plus précise ou plus juste que naguères des graveurs du mérite de MM. Brémond, qui parfois évoque l’intensité fourmillante d’un Bresdin, Georges Bruyer (un très émouvant Prisonnier politique), J.-M. Michel, Catin, Dallemagne (dont La Rue Malpaln à Rouen est une oeuvre considérable), Dehérain, portraitiste âpre et classique, Amédée Féau (Les grands Pins, Une Rue à Pasajes), Ensile Friant, le romantique R.-P. Grouiller, Gayac, ami des monstres et hanté de fantastique, Georges Gobo (A Douarnenez), Louis Godefroy, Charles-Jean Hallo (Hamm,- Dumpty, et Pierrot Noir (portrait de M. Napier-kowska), Gaston Hochard, Lechat (Un vieux quai, absolument ravissant de charmequiet et provincial), Lequeux (Portrait de M »‘. Raymonde D… et celui de Charles Jouas), Le Meilleur, Edouard Léon (en qui revit un peu de l’âme de Méryon), Victor Mignot, Peters-Destéract, Victor Prouvé et Toupet’ (dont j’ai trouvé absolument hors de pair la série d’eaux-fortes sur La Bièvre à Paris). LA GRAVURE ORIGINALE EN COULEURS : SALON ANNUEL (Galeries Georges Petit, 8, rue de Sèze). —Même réflexion que précédemment, niais peut-être encore mieux motivée. Car si la gravure en couleurs est un art aimable et qui emporte de brillants succès, il s’en faut qu’il présente les qualités de conscience F.-T. SIMON — LE QUAI DE LA TOURNELLE (GRAVURE EN CouLEuRs) et de profondeur de la gravure en noir. L’illustra-teur triomphe ici plus facilement mais ceux à qui revient la plus juste louange sont ceux qui, excel-lents graveurs en noir, semblent n’ajouter que l’en-luminure à la construction solide de l’eau-forte et du burin. C’est ce qui fait la valeur des envois de MM. Guy Arnoux, B. Boulet de Monvel, Julien Célos, Henri Detouche (La Purisima, Souvenir d’Espagne), Raoul du Gardier, Pierre Gattier, Victor Gilsoul, (Vieilles Maisons hollandaises), Charles Houdard, Pierre Labrouche, Olaf Lange, Gaston Lecreux (ses belles fleurs), A—M. Le Petit (Le Jour du Marché; Les Giboulées), Martes van der Loo, Henri Meunier, Georges Senseney, Maurice Taquoy. Charmantes, spirituelles, les oeuvres de Maud-Hunt Squire, Erie’ Mars, Helen Hyde, et M. Marie Gautier. Une mention toute spéciale doit être faite des gypsographies de M. Pierre Roche, si merveilleusement artiste en tout ce qu’il tente; des estampes de M. François Simon, qui est de Prague mais qui possède une si profonde intel-ligence du charnue de l’âme et de la beauté pitto-resque de Paris; des paysages de M. Raffelli, d’une finesse, d’un mouvement, d’une vie incomparables, enfin d’une oeuvre absolument à part : La Route qui monte, où M. Marc-Henry Meunier a fait une fois de plus la preuve de son talent austère, profond et pathétique. t35 SOCIÉTÉ DES PEINTRES ET GRAVEURS DE PARIS 3′ EXPOSITION. (Galeries Georges Petit, 8, rue de Sèze). — Un des plus artificiels groupements que je connaisse, niais comme il n’y est entré que des gens de talent… Rien à dire de nouveau de MM. Caro-Delvaille, A. Chapuy, Louis Legrand,