LA PEINTURE FRANÇAISE More du Loutre. NICOLAS DE LARGILLIÈRE — L’ARTISTE, SA FEMME ET SA FILLE l’exemple de son frère aîné Nicolas (1606-r668), qui était peintre et qu’on désigne sous le nom de Mignard d’Avi-gnon, parce qu’il se maria et se fixa dans cette ville où il fit souche d’ar-tistes. Pierre Mignard, lui, fut dit le Romain, parce que, ses études ter-minées près des diffé-rents maitres et en der-nier lieu Simon Vouet, il se rendit à Rome où il se fixa pendant plus de vingt ans. Il s’y lit une situation exceptionnelle comme peintre de por-traits, et peignit princes, cardinaux et même plu-sieurs pape». Il visita le nord de l’Italie et se ren-dit jusqu’à Venise avec son ami le peintre Du Fresnoy qui a collaboré à ses grands travaux. Rappelé par le roi en 1657, il fut aussitôt oc-Coll. du Baron de Solduldn, NICOLAS DE LARGILLIÈRE PORTRAIT DU RÉGENT EN DIEU PAN 127 capé à la Cour, où il exécuta nombre de por-traits. Il en fit dix de Louis XIV. Il se fit con-naître aussi par des figures, de madones d’une grâce aimable et un peu banale, qu’on nomma des « mignar-dises ». Son oeuvre la plus importante, qui n’est pas sans une véri-table grandeur, est la décoration à fresque de la coupole du Val-de-Grâce. Mignard mou-rut, comblé de tous les honneurs occupés par Le Brun, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans, le 13 mai 1695. Le Brun avait été entouré, dans l’accom-plissement de son oeuvre gigantesque et magni-fique, par une foule de collaborateurs de talent, praticiens souples et habiles, formés à sa forte