L’exposition outerte I, nt5 der•ene bre à la Galerie des Artistes modernes, 19, rue Caumartin, par ce petit groupe d’artistes qui continue de s’appeler e les Six c — bien qu’ils soient aujourd’hui sept —n’apporte que peu de révélations nouvelles, mais on peut dire que presque toutes les oeuvres expo-sées comptent parmi les meilleures des artistes ex-posants. M. Aubert, qui vient premier dans l’ordre alpha-bétique, déploie un important contingent de tissus de tenture en laine tissée et en velours imprimé, et quelques tapis dans lesquels on retrouve les qua-lités ordinaires de l’auteur. Rien n’est plus clair, mieux composé, plus harmonieux de dessin et de couleur. C’est pitié de penser que tant de gens courent acheter dans quelque boutique anglaise des étoffes criardes et qui passent en six mois, quand l’industrie française leur offre au même prix les clisses ravissantes, et répondant si bien é nos goûts, que M. Aubert crée pour elle ! Vient ensuite, toujours de M. Aubert, une vi-trine d’éventails et de pièces en dentelles polychro-mes, dont nous parlons é une autre place et dont nos pages de gravures donnent de nombreuses re-productions ; puis deux frises et un panneau en faïence. Ce dernier, fait pour la décorations murale d’une salle de bains, est remarquable par l’habileté avec laquelle l’artiste a su tirer une composition complexe et de grande surface de trois ou quatre dessins de carreaux. De M. Alexandre Charpentier, l’exposition mon-tre une vitrine de plaquettes, médailles et petites boites en argent et en bronze patiné, et des boites à jeu en cuir avec couvercle d’argent. Ces bibelots présentent l’intérêt ordinaire des productions de M. Charpentier ; mais la pièce principale de cet artiste est sa pendule en collaboration avec M.Tony Selmersheim. La monture en bois de paclouck de ce dernier, d’une forme élégante qui rappelle un peu celle de certaines pendules Louis XV, et les groupes en bronze doré de M. Charpentier ;la fuite de l’Heure et les Parques), forment dans leur en-semble uns très bel objet d’amateur. M. Jean Dampt a deux brochesfinernent ciselées, mais peut-être ms peu naturalistes, le plâtre d’un boitier de montre modelé avec la distinction ordi-naire de M. Dampt, et la porte de sa propre salle é manger. Dans les boiseries et les meubles de celle-ci, M. Dampt a eu l’idée d’allier trois bois, le chêne, le sapin et le noyer, idée dont il a tiré bon parti. La porte, décorée de sculptures de fruits et de céréales heureusement disposées, est garnie de ferrures forgées qui nous laissent l’impression que M. Dampt excellerait dans l’art de la forge encore plus que dans aucun autre, si les circon, tances le poussaient de ce côté. M. Desbois — le nouveau venu dans la compa-gnie — a placé quelques-uns de ses beaux étains ; M. Moreau-Nélaton, des poteries décorées en cou-leurs vives, nouvelles d’effet, en. qui coninnene,• devenir difficile en céramique. Dessins pleins de distinction, plusieurs trouvailles dans le nombre (le décor de toiles d’araignée entre autres). Avec M. Plumet, nous arrivons au e clou > de l’exposition : sa salle é manger pour le peintre De-taille, en collaboration avec M.Tony Selmersheim. Cet ensemble, en bois de hem, se compose de deux grandes constructions se faisant face et occupant deux des côtés (environ 6 métres) de la salle, les deux autres étant occupés par la porte et la fenê-tre. Chacune des deux constructions comprend un buffet é chaque extrémité ; les buffets de l’une font corps avec la cheminée, placée entre eux, et ceux de l’autre avec une grande tablette qui les réunit. Cet ensemble est largement et simple-ment traité ; c’est lé de vrai Meuble, tel qu’un ar-chitecte peut et doit le comprendre, exempt de la fausse recherche dans laquelle tant d’artistes, et non des moindres, s’ingénient ft vouloir découvrir le nouveau. La manière de MM. Plumet et Selmersheim s’est modifiée dans le sens de la robustesse, sans rien perdre d’ailleurs de sa grâce. Il est inutile de dire qu’ici, la décoration est liée de la manière la plus intime avec la construction, ainsi qu’il doit en être ; ou, plutôt, elle.n’existe pas, émoins qu’on veuille ainsi qualifier le modelé des pièces por-tantes. Ce modelé est, il est vrai, réellement un chef-d’œuvre en son genre par sa puissance s’al-liant au moélleux,par son parfait accord avec les fonctions des pièces, et par l’habileté magistrale avec laquelle toutes les difficultés qui peuvent se présenter clans ce genre de travail ont été sur-montées. • Les menses qualités se retrouvent dans une autre salle é manger de dimensions plus courantes (buf-fet-dressoir; table et fauteuil) composée par M.ylu-met seul. Un petit cartonnier et un tabouret de piano, tous deux en collaboration avec M. Selmers-heins, sont fort jolis dans lem’ simplicité. Tous ces objets sont en bois de frémie, peut-être le plus beau des bois du pays, délaissé, nous ne savons pour-quoi, par l’industrie du faubourg St-Antoine,et que M, Plumet semble — avec infiniment de raison —vouloir remettre en honneur. Voilé de véritable art appliqué, de tait dont la place n’est pas uniquement chez l’ e amateur ou dans les musées, et dont les auteurs rendent à la communauté les services qu’elle attend aujour-d’hui de l’artiste ! Nous en diront autant de plusieurs des objets exposés par M. Tony Sehnersheim. Ses appliques d’éclairage, bougeoirs et poignées de portes, tout simples en apparence, sans autre parure que la pureté des formes, facilement exécutables sans grands frais, renferment mille fois plus d’art que les inutilités débordant de recherches auxquelles trop d’autres consacrent leurs labeurs.Ce qui n’em-• 197