SEPTEMBRE 1899 les fonctions de décorateur céramiste danS l’im-portante faïencerie Boch à La. Louvière ; la peinture ne pouvait plus être que le délasse-ment de ses loisirs et se vit négligée bientôt jusqu’au total abandon. Les oeuvres exécutées dans la technique néo-impressionniste furent nécessairement peu nom-breuses, mais l’influence de la technique elle-même qui commande l’emploi exclusif des tons purs devait se faire sentir clans les premiers essais du céramiste; en effet, cette joie presque enfantine de manier les plus brillantes couleurs se retrouvera dans ses applications d’émaux, dans ses panneaux décorés en sous-glaçure. Ce fut, chez Boch, après l’âpreté de l’initia-tion et des commencements, la perception d’un art neuf, fertile en recherches passionnantes, plein de déroutantes surprises aux hasards sou-vent malencontreux des cuisons. En quelques mois cependant le néophyte se rend maître des divers genres de peintures céramiques, et, audi-teur assidu des cours de chimie industrielle, accumule des volumes de notes qui lui seront par la suite de précieux documents pour le dosage des terres ou les compositions nou-velles d’émaux. Outre la besogne coutumière et les travaux purement commerciaux auxquels l’astreignait son engagement, il s’essaya à des oeuvres personnelles et re-vêtit ‘de décors d’un genre inédit, d’une vive et bruyante polychromie les carreaux de revêtemeni ou de tables à thé. Sub-stituer aux habituelles conventions un sy-stème d’ornementation purement arabesque constituait, parait-il, une tentative dange-reuse; aussi le céramiste novateur fut-il supplié de revenir aux modèles traditionnels et de vente moins aléatoire, — tels les séduisants minois, genre Van Beers ou Raphael Collin, peints en camaïeu au fond des plats. Le génie de ces deux maîtres n’était guère conciliable avec les postu-lations décoratives de Finch : il quitta bien-tôt La Louvière non sans qu’on obtint encore de lui cette besogne singulière une série de sujets caricaturaux exécutés au pochoir sur fonds d’assiettes à bas prix destinées au marché africain! . . . A Virginal, où la Maison d’Art de Bruxelles, nouvellement fondée, avait in-stallé un four, Finch eut eu toute liberté d’utiliser les connaissances acquises chez Boch, si une organisation matérielle insuffi-sante n’avait malheureusement limité le champ de ses investigations : la sous-glaçure et les combinaisons d’émaux lui furent les seuls moyens possibles d’expérimentation. Telles pièces sont à signaler par la beauté de la forme jointe à la richesse du décor; d’autres se prévalent uniquement d’un rare émail rouge (Collection W. Picard). C’est seulement à Forges, petite localité des environs de Chimay, connue depuis des siècles par sa poterie populaire, que l’inch, dé-barrassé de tout contrôle, put donner enfin à ses facultés créatrices si longtemps contenues, une libre expansion. Grâce à l’appui bienveillant et désintéressé d’amateurs et d’amis, un four s’érigea pour les recherches laborieuses, pour les cuissons fiévreusement surveillées (1895-96). C’est à Forges que 1 aventureux artiste eut la perception nette d’un but vers lequel il con-centra ses efforts, et é réalisa avec toute la per-fection que comportait la médiocre qualité des terres une poterie strictement -classique, écartant toute fantaisie, toute vaine prétention «artistique,. Le décor est d’une élégante sobriété; les tons, qui vont du jaune clair au tête-de-nègre en passant par toute une gamme de bruns chauds, s’obtiennent par différents gaz provoqués pen-dant la cuisson. Les poteries de Forges ont été montrées au public successivement à La Libre Esthétique, à L’Art Nouveau, à Paris, et à l’Exposition Universelle de Bruxelles en 1897. …,  » % … …..: ….. ee • • • 1 …b ••• . _.–. .a G. LEMMES r BRUXELLES 233