sx LA RENAISSANCE DE L’ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE pleine guerre. M. Roserot, absent de Paris, voulut bien répondre mais, à la vérité, avec quelque scepticisme, pal ce court billet : Fontette, 2 mars 1918. MON CHER CONFRÈRE. Votre lettre est venue me trouver ici, où je me suis réfugié pour 1, attendre la fin de la guerre. Je ne sais donc pas quand le pourrai répondre à votre aimable invitation. Une peinture d’un Bou-chardon, — car il y en avait bien deux, sur les trois, qui auraient pu faire de la pein-ture — serait une œuvre Particulièrement intéressante à examiner. Je vous avoue-rai que jusqu’à présent je reste assez sceptique ; je ne sais qu’une chose. il est vrai, c’est qu’Edme a peint dans sa prime jeunesse, et je n’ai encore vu qu’une peinture de sa main, conservée à Chau-mont, mais tellement détério-rée (et en outre barbouillée par un prétendu restaurateur, si je m’en souviens bien) qu’elle ne peut donner aucune idée de sa valeur. En attendant d’avoir l’hon-neur de vous voir, je vous prie d’agréer, Monsieur et cher Confrère ès arts, l’assurance de mes sentiments dévoués. A. ROSEROT. Alors je précisai : la gravure de C, sc., les (I, – sins du Musée du Louvre M. Alphonse Roserot me répondit une fois de plus. je publie sa lettre, telle quelle : ce ne sera pas le moindre document dans ce petit débat, où s’éclaire définitivement un point d’histoire de l’art. 477 un intérêt tout particulier, je vous prie de croire, mon cher Con-frère, à mes sentiments bien dévoués. ALPHONSE ROSEROT. L’historien de Bouchardon n’a rien trouvé de plus du moins il borna là ses obligeantes communications. Ce que M. Roserot ne dit pas, et que nous allons également révéler, c’est le nom du graveur qui a signé, modestement, C, se. C’est Anne – Claude – Philippe de Tubières, de Grimoard, de Pestels, de Lévi, comte de Caylus, lui-même. Cay-lus (1692-1765), contem-porain et ami de Bou-chardon (1698-1762), a gravé, d’après notre sculpteur : Les Fêles de Palès, les Cinq Sens et bien d’autres pièces. Il a gravé aussi le Bain de Diane. Sans cette gra-vure, il y a apparence qu’on n’aurait jamais dé-couvert le nom de l’au-teur, ce qui doit nous rendre tous très circons-pects. Désormais, tableau de Bouchardon et gra-vure de Caylus, sont bien authentiqués ; je suis heureux de pouvoir placer sous les yeux des lecteurs de la Renais-sance de l’ Art Français el des Industries de Luxe, tous les éléments du débat. FRANÇOIS-HUBERT DROUAIS. — PORTRAIT D’EDME BOUCHARDON. MUSÉE DU LOUVRE. Fontette (Aube), 2! mars 1918. MON CHER CONFRÈRE, Je connais la gravure du dessin (t) de Bouchardon que vous m’avez signalée ; j’en possède un exemplaire. le connais aussi les dessins, que j’ai vus bien avant la publication de .1111 Guillrey et Lely), dit Marcel, que je possède d’ailleurs aussi. Il est possible que vous soyez dans le vrai, et ce sera un grand événement si vous arrivez à le prouver. Assurément c’est très possible, anus certain 1 Il me reste des doutes, dans l’impossibilité où je suis, en ce moment, de chercher dans mes papiers, restés à Paris, s’il y a quelque indi-cation capable de me fixer sur ce point très intéressant. le crains bien de ne pouvoir le faire avant longtemps, el peul-are manu ne trouverai-je rien de capable de contredire votre affirmation. En attendant de voir paraître votre article, qui aura pour moi (0 111 ne s’agit pas d’un dessin, mais d’une peinture. – H. La cause est entendue : le sculpteur Bouchardon nous a laissé au moins deux peintures : celle de Chaumont, ce tellement détério-rée… — et celle, en parfait état, qui nous appartient, dont nous avons la joie de faire bénéficier par la reproduction les fidèles amis de notre Renaissance : une peinture grasse et ferme, d’une couleur exquise, avec ses bleus d’une voluptueuse somptuosité. Nous n’osons pas affirmer, comme le dit M. Roserot, que ce soit là  » un grand événement « , mais enfin il y a toujours intérêt à enrichir l’histoire de l’Art d’un fait nouveau. En voici un, et qui pourrait quelque jour être riche de conséquences. HENRY LAPAUZE. FIND ART DOC