temps possible, le ren-dant défectueux, pres-que méconnaissable. Bien des projets ont été faits pour que le travail d’art ne soit pas une occupation de misère. Il est néfaste que des intermédiaires inutiles, grevant les articles d’un bénéfice supplémentaire s’in-terposent entre la main-d’œuvre et le consommateur. Les modèles ont aussi une importance capitale et le fabricant aura tou-jours un grand intérêt à se mettre en rapport avec des artistes au moment où la ques-tion de la main-d’oeuvre féminine est d’une si grande actua-lité, pour fournir à cette main-d’œuvre des modèles capables de la guider et de mettre en valeur le travail. Nous nous bornerons ici de reproduire différents travaux exécu-tés d’après les dessins d’artistes décorateurs, tels que MM. Follot, Dufresne, Jaillon, Mailland, Mezarra, etc., dont le talent est une richesse nationale ; sans parler aussi longuement que nous le voudrions des entreprises qui, de toutes parts, se créent, tel que l’Ouvroir Franco-Canadien où des jeunes filles et des enfants, orphelines de guerre, font un apprentissage de broderie ; on leur enseigne le dessin et tous les points qui sont pour ainsi dire la palette de l’ouvrière ; au bout de quelques mois à peine, les enfants sont à LA RENAISSANCE DE L’ART FRANÇAIS ET DES INDUSTRIES DE LUXE MOTIF DE BRODERIE POUR AMEUBLEMENT. COMPOSITION DE M. DUFRESNE. même d’exécuter d’une façon très satisfaisante des modèles assez compliqués ; elles com-posent très vite, non point avec la maitrise de grands artistes, niais déjà, ce qui a salaire de l’ouvrière, fourniture pression d’intermédiaires inutiles. De tous côtés, de bonnes volontés surgissent, des organisations naissent, reprenant d’anciens programmes ou créant de nou-velles entreprises ; bientôt la France n’aura plus rien à envier à la Suède et à la Norvège, à l’Italie où les différentes écoles et entreprises, groupées sous le titre « Industrie Féminili ont rénové l’art décoratif. En France, nous avons les artistes, une main-d’œuvre d’une habileté remarquable ; il suffit d’organiser, de mettre en relation les uns et les autres pour que la broderie et la dentelle, cette 147 une grande impor-tance, avec une con-naissance très juste, des points et de leurs effets. Le cycle des études est de trois ans. La première année est seule d’apprentissage proprement dit, puis-(lue dès la seconde année, les jeunes filles commencent à pro-duire et à vendre leurs travaux à leur profit personnel. L’institut de broderie a Fonda-tion Franco-Cana-dienne est une des initiatives les plus utilesau lendemain de la guerre les trois conditions indispen-sables à la reprise de notre industrie fran-çaise regardant la main-d’oeuvre fémi-nine y sont solution-née : éducation et de bons modèles, sup-BRODERIE COMPOSÉE ET EXÉCUTÉE PAR LES ÉLÈVES DE LA FONDATION FRANCO CANADIENNE. branche de notre industrie si importante porte partout notre renom d’art pour qu’elle maintienne notre réputation de beauté. C. DU PUIGAUDEAU.