L’AMOUR DE L’ART DESSIN POUR UN COSTUME DE THÉATRE semblent faits ici de la même matière qu’une main, qu’un visage, que la chair. Dans ces dessins, ce qui vit ne se différencie guère de ce qui est inanimé ; ce qui est immuable, de ce qui va s’anéantir. C’est par là que cet art d’apparence si soumis à la vérité, prend parfois quelque chose d’un peu hallucinant. Il arrive que ces ligures implacables. indiscutables, ressemblent à celles que l’on voit en rêve. Uniquement par le mé-tier, Maxime Detho-mas a créé une sorte de fantastique natura-liste qui étonne, fasci-ne, et qui peut même parvenir à procurer comme un vague malai-se. A cet égard, ne se-rait-il pas possible d’é-tablir un rapproche-ment entre l’art de Maxime Dethomas quand il peint les gens de son temps et l’art d’un écrivain d’une toute autre génération, Julien Green ? Tous deux possèdent le secret de donner à la vie de tous les jours un aspect 83 DESSIN POUR UN COSTUME DE TI1iATRE. vaguement spectral, déshumanisé, qui transfigure le réel sans le dénaturer. a 0 o Je connaissais Maxime Dethomas depuis des années, et savais tout ce qu’il y avait de bonté contenue et parfois mortifiée derrière ce visage tout ensemble souriant et triste. Je le vois, voici bien longtemps, dans la pe-tite salle du Weber, rue Royale, où je n’ai pas connu Tinan. où je n’ai pas connu Toulon se – Lautrec, lesquels furent les deux chers compagnons de sa jeu-nesse. Maxime Detho-mas figure, à peine déguisé, dans Penses-lu réussir ? Ce livre doux-amer peint des jeunes gens devenus aujour-d’hui aussi poétique-ment irréels et fantas-quement improbables que les jeunes gens de Shakespeare ou de Musset. Pour Tinan, sAIN I 11 VÉRONIQUE. (APP. à M. Gilbert de L’oléine).