LES ATTRACTIONS Il faut bien l’avouer, l’Exposition n’a pas toujours ce qu’on appelle « une bonne presse », mais ceux qui la dé-nigrent le plus volontiers font généralement une exception en faveur des attractions, et si vous interrogez quelque personnalité a bien parisienne » sur l’Exposition elle ne vous parlera certainement pas de la Cour des Métiers, ni de l’emménagement du Grand-Palais, niais des péniches de Paul Poiret et du Parc des Attractions. Cette fois encore le snobisme a raison et les attractions sont certainement la par-tie la plus réussie de cette « Exposition des Arts Décoratifs et In-dustriels Modernes r. — Mais, direz-vous, ces attractions sont-elles décoratives et modernes? Mon Dieu, les peintures qui ornent certaines bara-ques sont assez déco-ratives et les pâtisse-ries sous lesquelles on a dissimulé l’har-monieux développe-ment du scenic-rail-way, ne sont ni mies-ni plus mal que le’ autres décorations di l’Exposition; mais pour le modernisme, il faut bien reconnaître que la plupart de ces attractions sont insp i• rées de celles que nous voyons habi-tuellement dans nos fêtes foraines. Pourtant l’atmo-sphère est tout à fait différente de celle qui règne dans nos foires : d’abord il y manque ce pittoresque désordre qu’on rencontre à la foire du Trône ou à la fête de Neuilly, et puis il n’y a pas ces orgues méca-niques dont les sonorités mêlées aident si bien à créer une ambiance ; il n’y a pas de ces parades à grand spectacle com-me celles du Cirque Lambert, des frères Amar ou d’Eugène de Paris ; il n’y a pas ces innombrables baraques loteries, Musées Dupuytren, lutteurs, tirs, fabriques de glaces, dont la diversité donne tant de charme à un champ de foire ; il n’y a pas cette odeur de friture et de poussière, il n’y a pas surtout cette foule populaire et excitée qui ne serait guère à son aise dans l’étroit emplacement que l’Exposition a attribué à ses attractions. C’est en effet sur le bas-port de la Seine, entre le Pont Alexan-dre III et le Pont des Invalides qu’est situé le Parc des Al. tractions: En haut le scenic-railway, et en bas sous les im-menses courbes des-cendant au ras du sol pour remonter à la hauteur d’un cinquiè-me étage, toutes les autres attractions, sauf les carrousels, placés l’un à l’entrée, l’autre à la sortie du Parc. C’est à la So-ciété Parisienne d’At-tractions que ce Parc a été concédé. I. plupartsont anglaise: et ont figuré à l’Ex-position de Wembley, et c’est sir Owen Williams qui est l’au-teur du projet dont nous allons voir la réalisation. 1„Aconose D PA,. Art Vivant RIS Nous voici descen-dant, à l’angle du Pont Alexandre, l’es-calier qui mène au bord de la Seine. Nous passons devant les péniches que le somp-tueux Paul Poiret a nommé, on le sait, Amours, Délices et Orgues, et nous arrivons devant l’entrée du Parc des Attrac-tions. Là on nous réclame quarante sous (ou cinq francs) si nous voulons avoir accès à la Course de Paris qu’on ap-pelle plus souvent — car les français adorent les mots étrangers bien qu’ils ne sachent pas les prononcer — sce-nic-railway. .39