Ce sont les fragments de la décoration d’un temple dédié à la grandeur de l’effort humain. Deux morceaux de ce projet titanesque sont exécutés en grandeur définitive : le Mur du Héros. Debout, paisible, un jeune athlète a terrassé l’hydre. Sa nudité, inspirée de la beauté antique, se détache sur un encadrement de figures en bas-relief. L’allégresse toute mystique de Saint François et de Sainte Claire lui fait face. C’est l’heure ineffable du , Cantique au soleil r. L’on est surpris de voir traité dans une facture infiniment plus réaliste, les communiants de cette exaltation spirituelle. Autour de ces deux grou-pes, les maquettes du Mur des Hom-mes, du Mur de Prométhée, du Mur des Hymnes et du Mur du Christ, celle du temple enfin, dont ils se-ront les parois animées nous per-mettent d’entre-voir l’envergure michelangelesque du projet de M. Landowski, dont on ne peut que souhaiter l’achè-vement. Reprenant la galerie, nous y re-trouvons avec joie, le magni-fique paravent déjà exposé de Dunand et Waroquier. Là s’ouvre une pièce qui, précédant l’entrée des apparte-ments privés, a visiblement la destination d’une salle de collection. Deux frises en bronze argenté de Raymond Dela-‘ marre, d’inspiration antique, d’une composition très serrée, et de l’exécution la plus décorative, mettent dans cet ensem-ble un peu ingrat une note d’art très relevée. De beaux objets de collection : cuivres martelés de Jean Serrière, poteries de Massoul, orfèvreries de Daurat, laques de Du-nand, tapisseries au petit point de Waroquier, reliures de Legrain, verreries de Maribot sont disposés harmonieuse-ment dans les vitrines. Un beau bahut d’Adnet de grandes et nobles propor-etions, et dont la décoration sévère est empruntée au triangle, meuble la paroi centrale. L’antichambre ocre et vert de Fafiot, maximum de somptuosité sobre, eût été une transition heu-reuse entre les appartements d’apparat et les appartements pri-vés si les circons-tances de lieu avaient permis de rapprocher les deux parties de l’Ambassade. Son harmonie est rets-forcée par les sculptures qui ornent le tympan des portes, d’une parfaite justesse décorative, et que l’on doit encore à Raymond Dela-CHAMBRE DE I,’AMBAS Photo Bull.: SADRICE, P R CROOLT Un heureux ha-sard permet de pénétrer directe-ment de cette an-tichambre dans la chambre de l’ambassadrice. On aime à se représenter cette jeune femme pa-rée de toutes les grâces de la nature pour être en harmonie avec la séduction d’un tel lieu. L’ensemble gris et rose colchique réalisé par Groult est entièrement caractérisé par un sentiment de grâce retrouvée et de nouveauté audacieuse. C’est du galuchat qui recouvre les lignes sinueuses de ce mobilier dépourvu d’angles, de lignes droites, et par cela 25